Formation de l’équipe

Pour rendre autonome la gestion d’un programme de restauration de récifs coralliens, une équipe locale doit être formée pour exécuter toutes les tâches indispensables à son bon déroulement. Un manager local est sélectionné pour avoir la responsabilité et l’autorité sur l’équipe, ceci est nécessaire pour assurer le bon déroulement du projet au vu des coutumes locales basées sur un système hiérarchique. Il faut donc former le manager qui sera le vecteur de l’information et deviendra à son tour formateur. Nous n’interagissons en aucun cas dans la relation de hiérarchie entre l’équipe et le manager. La formation du manager est la clé pour le succès du programme, il reçoit au même moment que l’équipe les formations ci-dessous. Il coordonne les efforts sur place mais aussi le lien avec l’équipe française, il est donc formé à la transmission des rapports mensuels concernant le suivi biologique de la zone, le suivi social de pêche du village de Seraya besar, le suivi budgetaire, l’inventaire du matériel de plongée et le suivi en photo et vidéo de la zone de restauration.

Les formations sont basiques, théoriques et pratiques pour la biologie et l’écologie marine récifale. Durant le programme de formation, au travers des actions de récolte, de bouturage et de plantation des coraux sur les structures, de suivi de la croissance, l’équipe a acquis les savoirs et les bonnes pratiques nécessaires, pour interagir avec le milieu de la façon la plus saine possible. La meilleure façon d’apprendre est la méthode de « learning by doing » basée sur la pratique et le suivi de l’évolution sur le moyen et long terme des actions. Les zones détruites sont analysées pour mieux comprendre la source du problème local. Les informations doivent être simples et pratiques (pouvant être observées sur le terrain). Grâce à une meilleure connaissance du milieu et des animaux que sont les coraux, la prise de conscience de leur fragilité et de leur importance est accrue. Concernant la connaissance de la biologie, l’information doit être simplifiée au maximum.

Formation à la fabrication de structures de repeuplement corallien.

Au travers de la fabrication de structure, l’équipe est formée à tout le processus d’approvisionnement et de fabrication de ces structures. Les compétences pour la fabrication sont :

  • Le dimensionnement
  • La découpe du métal
  • La soudure

Beaucoup de paramètres sont à réunir pour la fabrication de ces structures, le lieu, l’équipement, la source d’énergie. Le renforcement capacitaire de l’équipe locale profite à tout un village et leur donne ainsi une capacité d’autonomie du programme et de transmission de ce savoir faire.

Formation au suivi  biologique des sites d’étude

La formation pratique au suivi biologique est une étape cruciale à la réussite du programme. Des savoir-faire de base permettent à l’équipe de constater, jour après jour, l’évolution de leur travail. Les méthodes utilisées et les résultats obtenus ne sont pas scientifiquement exploitables (protocoles très simplifiés), mais le but n’est pas là. C’est uniquement un moyen de pousser l’équipe à constater l’efficacité du programme et donc de leurs actions. Ce qui engendre automatiquement une médiation au sein du village avec les reste de la communauté, particulièrement avec les pêcheurs, lors des relevé sociaux et de cahiers de pêches.
Toujours à un mois d’intervalle, le même protocole est à effectuer par l’équipe :

  • Comptage et détermination des nouvelles espèces de poissons présents sur chaque structure.
  • Mesure verticale de trois coraux témoins par structures.
  • Comptage des coraux morts (savoir les définir).
  • Changement des coraux morts durant la première année de pousse.
  • Maintenance et identification des prédateurs.

Les informations doivent être simple à récolter et explicite pour que ce suivi soit pris au sérieux dans le temps. Ils peuvent eux-même interpréter les données, en tirer des résultats et donc comprendre l’intérêt du programme. Le suivi n’est pas possible durant les périodes de courant, il est échelonné sur une semaine maximum.

Formation au suivi social : information sur les pêches du village

Une réunion préliminaire en présence de tous les partis prenant a été organisée (le 10/09/2015). Cette réunion a pour but d’informer pour éviter les incompréhensions.
Une semaine par moi est dédiée au suivi des pêches de dix pécheurs du village. L’équipe est chargée leurs poser les questions et de remplir le questionnaire dédié. Toute au long de l’étude, prévue sur 3 ans, les mêmes dix pécheurs seront interviewés. Les questions sur les pêches sont simples et explicites : ou, quand, comment, combien de poissons pêchés, espèces, vendus ou consommés par la famille, composition de la famille des pécheurs, salaire hebdomadaire. Ce suivi a été réalisé en notre présence à deux reprises pour assurer son bon déroulement et répondre à toutes les incertitudes.

Pour un déroulement simple nous avons remodifié sa structure pour qu’il puisse être très simple et rapide à remplir.

Faisabilité: Le but est que l’équipe et les pécheurs ne se fatiguent pas à répondre à des questions difficiles pour que l’étude perdure dans le temps. Tout est question de simplicité et de rigueur.
Impact: Sur plusieurs années ces informations sont précieuses et permettrons de mieux comprendre le lien entre ces pécheurs et leurs environnement.
Problèmes rencontrés: L’incompréhension d’un des pécheurs exprimant sa peur de l’interdiction de pêche à l’abord de l’île.

Formation à l’apnée et aux techniques de premiers secours

Durant une journée, l’équipe a été formée à la théorie et la pratique de l’apnée. C’est une compétence indispensable pour pouvoir effectuer leur travail de façon efficace et en toute sécurité. L’équipe est composée de pêcheurs, s’ils ont l’habitude d’évoluer dans les milieux aquatique de façon instinctive, toutes les informations sur la respiration, la décompression, la sécurité leurs sont nouvelles.
La matinée a été consacrée à des ateliers théoriques à terre, leurs mises en pratique s’est déroulée l’après-midi avec des exercices directement sur le terrain.

Faisabilité: La zone est propice à la théorie ainsi qu’à la pratique. L’équipe possède déjà son équipement d’apnée. Mise en application directe du suivi biologique en apnée.
Impact: Pour des raisons de santé et de sécurité il est indispensable que l’équipe soit capable d’avoir de bonnes pratiques pour évoluer en milieu aquatique. La pérennité des actions en dépend.
Problèmes rencontrés: La transmission de l’information est difficile, l’ensemble des échanges doivent être traduits par le manager. Cela est cependant compensé par l’équipe qui est très réceptive.

Première approche vers la mise en place de l’activité éco-touristique

Afin de faire un premier test de mise situation avec des touristes étrangers, nous avons organisé la venue de 6 touristes, afin d’observer le déroulement de l’activité de conservation participative qui sera mise en place les années suivantes.

Faisabilité: L’équipe étant déjà autonomes aux protocoles de récolte et de transplantation, il s’agissait principalement d’observer l’introduction aux problématiques locales et leurs enjeux. Sutopo étant le seul à parler anglais, le groupe de touriste avait été prévenu du contexte et des limites que cela pouvait présenter en tant que premier test. L’enjeux était aussi de pouvoir mesurer l’attrait touristique potentiel pour ce type d’activité ludique et participative.
Impact: L’idée était surtout d’observer les interactions en considérants les limites contextuel. L’équipe s’est prise au jeu et à beaucoup apprécier pouvoir transmettre à leur tour leur connaissances. Ceci à permis de leur laisser comprendre les opportunités de revenus alternatifs dans le futur.
Problèmes rencontrés: La transmission de l’information est difficile, l’ensemble des échanges doivent être traduits par le manager. Cela est cependant compensé par l’équipe qui est très réceptive.