Le GIEC recommande la restauration coralienne

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Le réchauffement des océans

 

Les océans composent 71% de la surface planétaire et sont essentiels pour la régulation du climat de notre planète, de part leur échanges avec l’atmosphère. 

En effet, 30% du CO2 émis par les activités humaines dans l’atmosphère est absorbé par les océans. Cette absorption se fait selon des processus biologiques et chimiques. 

Plus les émissions de carbone augmentent, plus les températures atmosphériques augmentent, du fait de l’augmentation du relargage des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Plus il y a de CO2 dans l’atmosphère, plus il y a une nécessité de dissolution dans les eaux océaniques.

Le surplus de chaleur est donc absorbé par l’océan, ce qui permet à l’atmosphère de moins se réchauffer. L’océan, quant à lui, se réchauffe plus et plus vite . Des chercheurs estiment qu’en 2017, les océans étaient plus chauds que sur la période de référence climatologique (1981-2010), (Figure 1). Cette augmentation est 600 fois supérieure à l’énergie générée par la Chine en 2016 (Cheng et al., 2018). Ce réchauffement a des conséquences très graves sur l’augmentation du niveau de la mer, diminution de l’oxygénation marine, fonte des glaces, acidification des océans ou encore perte des récifs coralliens. Plus les océans se réchauffent plus ils perdent leur capacité à dissoudre le carbone présent dans l’atmosphère, et plus la température terrestre va augmenter. 

Figure 1 : Changement de température dans les couches supérieures océaniques depuis 1958. La ligne conductrice fait référence à 1981-2010. 

Source : Cheng, L., & Zhu, J. (2018). 2017 was the Warmest Year on Record for the Global Ocean, 34 (March), 261–263.

 

Quel impact sur les récifs coralliens ?

 

Le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC), a publié un rapport « Rapport Spécial, réchauffement à 1,5°C », afin de répondre aux questionnements vis à vis de cet objectif. Ils ont également travaillé sur un nouveau rapport « Rapport spécial sur l’océan et la cryosphère dans le contexte du changement climatique » , qui met pour la première fois en lumière les océans, leur importance et l’urgence d’agir pour eux. 

Le réchauffement climatique dépend des émissions futures, mais également des émissions passées. A l’heure actuelle, nous avons atteint un réchauffement de 1°C depuis la révolution industrielle, ce qui amène à penser que d’ici 2040, nous atteindrons 1,5°C. (Figure 2)

Figure 2 : Prévisions du changement de la température globale basé sur les observations effectuées jusqu’en 2017. Source : GIEC “Rapport spécial, réchauffement à 1,5°C”

 

Selon le GIEC, avec cette tendance, les événements météorologiques seront de plus en plus fréquents et de plus en plus grave. 

La fréquence des vagues de chaleur marine a doublé depuis 1982. En atteignant un réchauffement de 2°C (Accord de Paris, 2015), elles seraient encore plus fréquentes, entraînant un grave dérèglement au niveau des écosystèmes coralliens

Le rapport du GIEC est sans appel concernant les récifs coralliens. En effet, une extinction de 70% à 90% est prévue avec un réchauffement à 1,5°C contre 99% à 2°C, due entre autres, à l’acidification des océans et l’augmentation des températures. Cela affecterait drastiquement la diversité des espèces coralliennes (augmentation des populations algales et des coraux mous), entraînant de graves conséquences sur les services qu’ils fournissent, notamment alimentaires. De nombreuses populations seront forcées de changer radicalement leur mode de vie.

 

Une note d’espoir…

 

Cependant, certains scientifiques envisagent une adaptation thermique des récifs coralliens de 0,4°C par décennie, mais également un rétablissement des zones impactées entre 5 et 15 ans (Baker et al., 2008, Schleussner et al., 2016b). La résilience des récifs coralliens a déjà été évoquée, suite aux événements de blanchissement successifs en 2016 et 2017

Les coraux mésophotiques attirent également l’attention des scientifiques grâce à leur capacité de se développer dans les eaux profondes, leur permettant ainsi d’éviter le réchauffement des eaux de surface. Leur aide dans la restauration des récifs coralliens de surface reste cependant limitée (Bongaerts et al., 2017). 

Selon le GIEC, certaines options envisageables pour l’adaptation des récifs coralliens à ces changements, impliquent la protection et la restauration des zones endommagées dont l’humain dépend (activités économiques, protection côtière).  La protection des récifs vis à vis des stress non reliés au changement climatique tels que la pollution ou la surpêche est primordiale. La préservation de la biodiversité présente au sein des récifs coralliens est très importante également, et permet d’assurer la pérennité de ces écosystèmes. La restauration des récifs est un domaine en pleine expansion, et de nombreuses questions demeurent aujourd’hui. Mais une chose est sûre : les récifs coralliens de demain ne seront pas les mêmes qu’aujourd’hui

Plus les changements sont rapides, moins les espèces ont le temps de s’adapter, et plus les écosystèmes vont en pâtir. Il est donc primordial d’essayer de stabiliser le réchauffement global en diminuant drastiquement les émissions de CO2. Selon le rapport du GIEC, la trajectoire que nous empruntons aujourd’hui conduirait à une augmentation thermique de 3-4°C d’ici 2100.

 

Selon le GIEC, une réduction drastique et globale des émissions de gaz à effet de serre, ainsi qu’une protection et une restauration des écosystèmes marins nous permettrait une préservation des océans. Ainsi, toute forme de vie sur Terre sera protégée, selon Debra Roberts, co-présidente du Groupe de travail II du GIEC.

Le rapport publié par le GIEC, permet un accès à toutes les connaissances scientifiques disponibles afin que les gouvernements et les communautés locales puissent agir et limiter les impacts climatiques. La résilience du monde de demain requiert avant tout la sensibilisation des populations en se basant sur les connaissances scientifiques et autochtones des écosystèmes. 

 

Il devient donc plus qu’urgent d’agir ! Afin de limiter les émissions, les efforts d’adaptation devront se faire à une échelle mondiale, nationale et locale.

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