L’importance de la restauration de récifs coralliens: Pourquoi réhabiliter un récif corallien ?

La restauration de récifs n’est pas une fin en soi, mais un moyen. Nous l’utilisons comme outils pédagogique, ce qui permet l’implication des communautés côtières pour mieux comprendre et protéger le milieu naturel dont elles dépendent.

La restauration de récifs permet de re-développer la biodiversité des écosystèmes marins, en protégeant et en repeuplant des zones de récifs endommagés, à l’aide de nurseries de coraux et en adaptant les techniques de réhabilitation en fonction des conditions physico-chimiques des zones endommagées.

Grâce aux protocoles de restauration et à l’implication des communautés locales, nous rendons possible le retour de la biodiversité perdue par cet environnement. 

L’intérêt des récifs artificiels a été prouvé sur le court terme mais avec le peu de recul que nous avons sur ce sujet (moins de 20 ans), personne ne peut encore évaluer l’intérêt sur le long terme de ces types de récifs. Nous sommes au tout début d’une nouvelle ère, celle de la reconstruction de ce que l’homme a détruit, il faut donc faire place à l’innovation. C’est un domaine où il n’y a pas de place pour prétendre reconstruire tous les récifs coralliens du monde, mais bel et bien, de les régénérer en assurant leur protection.

Cette prise de conscience locale vient d’une meilleure connaissance du fonctionnement de leur environnement et passe donc par l’action de réhabilitation. La vision sociale est donc aussi importante que la vision environnementale.

Contexte

Sur tout le territoire indonésien, la pêche à la dynamite a causé d’énormes dégâts, ayant une influence directe sur les stocks de pêche, l’attrait touristique et la protection du littoral. Le parc national de Komodo, classé patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1986, a subit de plein fouet la vague de pêche à l’explosif. Ces 20 dernières années la moitié de sa surface a été dégradée (1817Km²). La pêche à la dynamite est maintenant strictement interdite et sévèrement réprimée dans toute l’Indonésie, sa pratique est devenue relativement rare.

La problématique actuelle est la récupération naturelle de ces récifs détruits, leur particularité est de produire des champs de gravats (sous forme de fragments de squelette de coraux morts). En dépit de la bonne qualité de l’eau et de la présence abondante de larves de coraux ces récifs détruits ne récupèrent jamais en raison de leur instabilité, mouvance, et sédimentation. Le substrat est devenu une surface non propice au recrutement naturel de larves de corail (fort taux de mortalité durant la colonisation) et donc au retour de la vie récifale. Ces zones sont devenues très pauvres en biodiversité.

La pêche à la dynamite, souvent pratiquée sur les tombants du récif frangeant, a crée des décombres qui peuvent continuer de couler sur les tombant, au grès des courants et vagues, pendant plusieurs années, étouffant la vie sur lesquels ils se déposent.

Objectif Global: (Re) développer la biodiversité des écosystèmes coralliens locaux

Afin de faciliter la recolonisation corallienne sur la zone d’action, il faut recréer la fondation même du récif en stabilisant ce substrat en pente constitué de gravats. L’objectif est d’accroître la couverture en corail dur pour augmenter la biodiversité marine rapidement. Les zones d’étude sont souvent reculées, ce qui représente une vraie difficulté logistique, additionnée aux faibles connaissances dans ce domaine des communautés impliquées. Nous avons donc développé une méthode efficace et à faible coût. Elle met en jeu des techniques de basse technologie, des matériaux et compétences disponibles localement et facilement trouvable n’importe ou, même dans les endroits les plus reculés.

Le programme s’organise en 9 phases

Etude d’impact

 L’étude d’impact et de faisabilité permet d’évaluer l’état biologique de la zone et de son écosystème, de déterminer le positionnement de la zone de réhabilitation en fonction de la courantologie et des paramètres phisico-chimiques et d’évaluer la performance des différents indicateurs objectivement vérifiable de suivi sur le long terme.

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Formation

 L’étude d’impact et de faisabilité permet d’évaluer l’état biologique de la zone et de son écosystème, de déterminer le positionnement de la zone de réhabilitation en fonction de la courantologie et des paramètres phisico-chimiques et d’évaluer la performance des différents indicateurs objectivement vérifiable de suivi sur le long terme.

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Nurserie

 L’étude d’impact et de faisabilité permet d’évaluer l’état biologique de la zone et de son écosystème, de déterminer le positionnement de la zone de réhabilitation en fonction de la courantologie et des paramètres phisico-chimiques et d’évaluer la performance des différents indicateurs objectivement vérifiable de suivi sur le long terme.

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Suivi biologique

 L’étude d’impact et de faisabilité permet d’évaluer l’état biologique de la zone et de son écosystème, de déterminer le positionnement de la zone de réhabilitation en fonction de la courantologie et des paramètres phisico-chimiques et d’évaluer la performance des différents indicateurs objectivement vérifiable de suivi sur le long terme.

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Suivi des pêches

 L’étude d’impact et de faisabilité permet d’évaluer l’état biologique de la zone et de son écosystème, de déterminer le positionnement de la zone de réhabilitation en fonction de la courantologie et des paramètres phisico-chimiques et d’évaluer la performance des différents indicateurs objectivement vérifiable de suivi sur le long terme.

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Aire Marine Protégée

 L’étude d’impact et de faisabilité permet d’évaluer l’état biologique de la zone et de son écosystème, de déterminer le positionnement de la zone de réhabilitation en fonction de la courantologie et des paramètres phisico-chimiques et d’évaluer la performance des différents indicateurs objectivement vérifiable de suivi sur le long terme.

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Education

 L’étude d’impact et de faisabilité permet d’évaluer l’état biologique de la zone et de son écosystème, de déterminer le positionnement de la zone de réhabilitation en fonction de la courantologie et des paramètres phisico-chimiques et d’évaluer la performance des différents indicateurs objectivement vérifiable de suivi sur le long terme.

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Soutien gouvernemental

 L’étude d’impact et de faisabilité permet d’évaluer l’état biologique de la zone et de son écosystème, de déterminer le positionnement de la zone de réhabilitation en fonction de la courantologie et des paramètres phisico-chimiques et d’évaluer la performance des différents indicateurs objectivement vérifiable de suivi sur le long terme.

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Eco-tourisme

 L’étude d’impact et de faisabilité permet d’évaluer l’état biologique de la zone et de son écosystème, de déterminer le positionnement de la zone de réhabilitation en fonction de la courantologie et des paramètres phisico-chimiques et d’évaluer la performance des différents indicateurs objectivement vérifiable de suivi sur le long terme.

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Protocole

Les coraux sont cultivés dans des nurseries en mileiux naturel pour éviter le prélèvement sur le long terme. Cette culture du corail ne fait que dupliquer une génétique prélevée en milieu naturel. Dit autrement, les cultures sont des clones des colonies naturelles. Ils seront capables de se reproduire et donc de brasser la génétique locale, permettant au final l’apparition, l’évolution et l’adaptation de nouveaux individus. Pour réussir cela, il faut utiliser des matériaux ou «substrats» adaptés aux conditions du milieu.

En milieu naturel, sur une surface d’un mètre carré de récif, il est parfois possible de recenser une vingtaine d’espèces de coraux. Cela est rendu possible grâce à la fixation de larves de coraux sur le fond et à la compétition pour l’espace. Une telle diversité n’est pas présente sur les nouvelles structures mises à l’eau, et il faut donner du temps, de la surface et des supports favorables pour permettre une augmentation de diversité et atteindre le fragile équilibre. Au final, les boutures de deuxième génération seront destinées à repeupler les récifs endommagés alentour sans avoir à prélever de façon constante des coraux d’origine sauvage.

Les boutures ou fragments d’une colonie mère sont attachés sur un support métallique tous les dix centimètres. Une seule structure peut accueillir cent cinquante fragments. La méthode majoritairement présente dans le monde pour fixer ces fragments de colonies coralliennes à tout type de structure est l’utilisation de colliers zip en plastique.

Depuis 2015, pour la première fois et de manière expérimentale, une nouvelle méthode, nous avons testé l’utilisation de lanières de cuir, qui pourrait apporter des solutions alternatives à l’utilisation du plastique. C’est un matériau organique ayant une capacité élastique, facile à se procurer, en récupérant les chutes des tanneurs.

Une fois fixés au support, les coraux ne doivent plus bouger. Cette immobilisation doit durer au minimum un mois pour leur permettre de recouvrir le support métallique de leur squelette calcaire. Cette étape passée, la fixation est assurée par la colonie elle-même et n’a plus besoin d’attache exogène. Le cuir se dégradera dans le milieu avec le temps. À ce jour, 28 espèces cibles ont été transplantées, majoritairement du genre Acropoa, Hydnophora, Montipora, Pocillopora, Seriatopora et Stylophora, ce qui révèle que la zone est riche en espèces candidates et les conditions environnementales propices à leur développement.

Le suivi des nurseries et des structures de restauration est assuré par un relever biologique simplifier mensuel mené par l’équipe locale, et une relevé biologique complet annuel mené par un de nos biologistes marins, permettant de déterminer l’abondance et la diversité des poissons fréquentant les zones d’études et donc mesurer l’impact du programme.

Chaque projet prend entre 2 et 3 ans pour atteindre l’autonomie en termes de gestion de projet et de financement. Pour finir, il est important de dire ici que la partie plongée est très importante et concerne notamment la mise en place technique de l’aire marine protégée : installation de mooring pour les bateaux, ligne de bouée de protection des zones de restauration, des zones de non-take, etc.

IMPACTS ENVIRONNEMENTAUX

  • Régénération de la biodiversité perdue.
  • Préservation des écosystèmes marins et des espèces endémiques et menacées.
  • Re-développement de la chaîne alimentaire marine locale.
  • Régénération et préservation d’une ressource alimentaire pour les villages.
  • Adaptation et résistance des coraux au réchauffement des océans (Van Oppen, 2015).

IMPACTS SOCIAUX

  • Responsabilisation et autonomisation à la gestion durable de leur environnement.
  • Préservation et régénération d’une source d’alimentation importante pour le village qui en dépend.
  • Cohésion sociale et souveraineté alimentaire.
  • Les impacts environnementaux et économiques ont pour effet une amélioration du confort de vie des communautés locales.
  • La dynamique du programme de conservation encourage également le développement de programmes de sensibilisation pour les écoles locales.
  • Le succès de ce programme fait figure de modèle pour les autres villages se trouvant dans la même situation.

IMPACTS ÉCONOMIQUES

  • Création d’emplois durables locaux.
  • Augmentation et diversification des revenus.
  • Activité complémentaire, les coraux contribuent à la régénération de la biomasse ce qui permet le développement d’une pêche durable pour le village.
  • Développement potentiel d’activités telle que l’éco-tourisme, étant également un outil de sensibilisation à la conservation marine pour les touristes.
  • La préservation et la régénération des stocks de poissons vont également améliorer les ressources de pêche.

Les différentes techniques de culture du corail et de restauration de récifs

Nurserie simple

Nurserie suspendue

Coralliculture

Restauration table

Biorock

Restauration corde

Restauration museum

Jardin corallien

Sentier sous-marin

Dive site design

Jardin corallien

Sentier sous-marin

Nos récifs artificiels sont d’abord conçus dans le but de fournir un habitat pour la faune et la flore marines, ce qui permet de redévelopper plus rapidement un écosystème, ainsi qu’un substrat solide pour que les coraux puissent pousser dans les meilleurs conditions possibles. Nous utilisons des techniques de restauration et des substrats différents afin d’être le plus adaptés possible à la zone de restauration identifiée. Leur immersion crée, protège et restaure l’écosystème local, répondant aux objectifs de protection et de développement de la biodiversité des écosystèmes coralliens :

  • Régénération de la biodiversité locale, en particulier dans les zones où les espèces protégées sont présentes.
  • Lutte contre les inondations, et l’érosion des habitats côtiers.
  • Création de supports, important pour la colonisation de la vie marine
  • Production halieutique
  • Soutenir les activités de la pêche artisanale
  • Outil de recherche
  • Création de zones pour la plongée récréative

Les récifs artificiels sont conçus avec la collaboration de nos biologistes marins, architectes, ingénieurs et designers, optimisés pour le développement de la biodiversité. Les récifs artificiels sont colonisés par des espèces pionnières, fournissant un environnement de substitution à une plus grande biodiversité. Ce sont des endroits où les juvéniles peuvent mieux se protéger contre les prédateurs. 

Le projet s’organise en 9 phases:

D’abord, l’étude préliminaire qui évalue l’état biologique de la zone et de son écosystème. Les relevés biologiques et la courantologie déterminent le positionnement de la zone de réhabilitation et son impact environnemental. Ensuite la phase de conception, de design et d’immersion des structures. Et pour finir, le suivi biologique sur cinq ans qui permet d’évaluer le projet et son objectif.

La réussite du projet est conditionnée par plusieurs facteurs :

  • Le choix du site prend en compte la nature des habitats naturels alentours et les courants dominants.
  • La structure et la taille des récifs artificiels doivent répondre à des caractéristiques biologiques et écologiques.
  • La concertation et la collaboration avec les partenaires locaux sont essentielles. (Pêcheurs, collectivités locales, Parc Nationaux, associations, etc.)