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Association Coral Guardian

À la rencontre de Nancy Ogega, gardienne des coraux à Kuruwitu, Kenya

À la rencontre de Nancy Ogega, gardienne des coraux à Kuruwitu, Kenya
Publié par Coral Guardian | Publié le 27 janvier 2026

Dans cette série d’articles, nous vous proposons de rencontrer des personnes qui marquent notre association, qui nous inspirent ou nous mobilisent.
Pour ce troisième rendez-vous, nous donnons la parole à Nancy Ogega, cheffe du projet REEL et chargée de sensibilisation scientifique pour notre partenaire Oceans Alive au Kenya

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Nancy Ogega. Je travaille pour la Fondation Oceans Alive en tant que chargée de sensibilisation scientifique sur les coraux. Dans le cadre du projet REEL, j’occupe également le poste de cheffe de projet. Je vis à Vipingo, au Kenya.

Comment as-tu commencé à travailler dans la restauration des récifs coralliens ?

J’ai développé une passion pour les récifs coralliens pendant mes études de licence, mais je n’avais alors aucune expérience et je ne pratiquais pas la plongée. Peu après, j’ai postulé pour une opportunité de formation en tant que plongeuse PADI Open Water et PADI Coral Restoration Diver chez Reefo Divers, dans le cadre d’un projet pilote. Après trois mois de formation, je suis devenue reef ranger au sein de cette même structure.

Qu’est-ce qui t’a motivée à rejoindre Coral Guardian ?

L’approche de Coral Guardian, qui combine science, communauté et éducation. Leur engagement à autonomiser les communautés locales et à garantir que la restauration ait à la fois un impact écologique et social m’a profondément motivée à les rejoindre.

Y a-t-il une valeur ou un mot qui résume l’esprit de Coral Guardian et des programmes de restauration ?

La résilience. Ce mot reflète à la fois la capacité des récifs coralliens à se régénérer et la détermination des personnes qui œuvrent pour leur protection.

À quoi ressemble une journée type sur le terrain ?

Une journée type commence tôt, avec un briefing avec les membres de mon équipe, suivi d’activités sous-marines, qu’il s’agisse de suivi écologique ou de transplantation de coraux. Nous vérifions souvent les taux de survie des fragments, nettoyons les nurseries et collectons des données.

Qu’est-ce qui te donne de l’énergie dans ce travail ?

L’objectif final. J’aimerais voir les zones que nous restaurons reprendre vie, ainsi qu’une communauté bien informée et sensibilisée à l’importance des récifs coralliens.

Peux-tu nous décrire le site de restauration ?

Nous avons environ trois sites de restauration, mais pour le moment nous avons commencé par un site appelé Madowani. Il s’étend sur 9 hectares, le long de la côte de Kuruwitu à Vipingo, au Kenya. Autrefois, cette zone abritait un récif en bonne santé, mais aujourd’hui il est malheureusement dégradé. On y trouve beaucoup de débris coralliens, mais nous espérons redonner vie à cet écosystème.

Quelles sont les principales étapes du travail de restauration ?

Nous commençons par collecter des fragments de coraux d’opportunité, c’est-à-dire des morceaux qui se sont naturellement détachés de colonies saines. Ces fragments sont cultivés dans des nurseries sous-marines jusqu’à atteindre une taille suffisante. Une fois matures, ils sont transplantés sur des structures artificielles de récifs en blocs, puis nous surveillons leur santé, le retour des poissons et la récupération de la couverture corallienne. Des opérations de maintenance sont également réalisées régulièrement.

Quelle est, selon toi, la plus grande force de ton équipe ?

Notre plus grande force est notre esprit de collaboration : scientifiques, membres de la communauté et pêcheurs locaux travaillent main dans la main. Nous combinons les connaissances scientifiques avec les savoirs traditionnels, ce qui rend notre travail de restauration à la fois efficace et inclusif.

Quels sont les plus grands défis auxquels vous faites face ?

  1. Le changement climatique et l’augmentation des températures de l’eau, qui restent nos plus grands défis. Les épisodes de blanchissement peuvent réduire à néant des années de travail.
  2. La réticence de certains membres de la communauté à s’engager dans les actions de restauration.

Et quelles sont vos plus grandes réussites ?

  1. La formation de 20 membres de la communauté locale, pêcheurs et vendeurs de poissons, à la restauration des récifs coralliens. Parmi eux, 9 femmes, qui ne connaissaient ni les récifs coralliens ni la natation.
  2. L’obtention de trois sites de restauration avec le consentement des communautés locales.
  3. L’accompagnement de l’un des membres formés de la communauté locale pour participer à une conférence internationale (WIOMSA).

Pourquoi est-il si important de restaurer les récifs coralliens ?

Les récifs coralliens sont les forêts tropicales de la mer : ils soutiennent la vie marine, protègent les côtes et assurent les moyens de subsistance de nombreuses communautés. Les restaurer, c’est garantir l’alimentation, l’emploi et la beauté naturelle pour les générations futures. Des récifs en bonne santé sont le fondement de communautés côtières résilientes.

Quel est ton plus beau souvenir lié à Coral Guardian ?

Je ne sais pas si cela peut vraiment être considéré comme un souvenir, mais le travail que Coral Guardian a accompli en Indonésie est magnifique. Cela m’encourage énormément ici au Kenya, même lorsque nous faisons face à des défis. Même si nos écosystèmes récifaux sont différents, j’ai hâte du jour où nous atteindrons le même niveau : une zone restaurée, belle et pleine de vie.

Quelle est ta plus belle rencontre dans l’océan ?

Ma première plongée sur un récif corallien en bonne santé, entourée d’une grande biodiversité. C’était magnifique et, encore aujourd’hui, cela me rappelle pourquoi nous devons restaurer et protéger les récifs coralliens.

Comment interagis-tu avec les communautés locales ?

Nous travaillons étroitement avec les communautés à travers des programmes éducatifs, des formations et des activités de restauration participatives. Les pêcheurs locaux sont directement impliqués dans la restauration des récifs. Nous organisons également des assemblées BMU, des réunions communautaires visant à sensibiliser à l’importance des récifs coralliens.

Selon toi, quels changements concrets apporte la restauration corallienne ?

La restauration permet à la fois une récupération écologique — plus de poissons, plus de coraux — et un changement social : une meilleure sensibilisation, des moyens de subsistance alternatifs et une gestion plus responsable des ressources marines. Elle renforce le lien entre les populations et l’océan.

Si tu pouvais adresser un message aux personnes qui adoptent un corail, que leur dirais-tu ?

Merci de faire partie de cette mission ! Chaque corail adopté contribue à un écosystème vivant et soutient les personnes qui en dépendent. Vous n’adoptez pas seulement un corail, vous aidez à restaurer l’espoir et la résilience de l’océan.

Si tu devais décrire l’océan en un seul mot, lequel choisirais-tu ?

La vie.

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