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L'impact du changement climatique

Le GIEC recommande la restauration corallienne

Le GIEC recommande la restauration corallienne
Publié par Ruxandra Toderasc | Publié le 3 October 2019

Le réchauffement des océans

 

Les ocĂ©ans composent 71% de la surface planĂ©taire et sont essentiels pour la rĂ©gulation du climat de notre planĂšte, de part leur Ă©changes avec l’atmosphĂšre. 

En effet, 30% du CO2 Ă©mis par les activitĂ©s humaines dans l’atmosphĂšre est absorbĂ© par les ocĂ©ans. Cette absorption se fait selon des processus biologiques et chimiques. 

Plus les Ă©missions de carbone augmentent, plus les tempĂ©ratures atmosphĂ©riques augmentent, du fait de l’augmentation du relargage des gaz Ă  effet de serre dans l’atmosphĂšre. Plus il y a de CO2 dans l’atmosphĂšre, plus il y a une nĂ©cessitĂ© de dissolution dans les eaux ocĂ©aniques.

Le surplus de chaleur est donc absorbĂ© par l’ocĂ©an, ce qui permet Ă  l’atmosphĂšre de moins se rĂ©chauffer. L’ocĂ©an, quant Ă  lui, se rĂ©chauffe plus et plus vite . Des chercheurs estiment qu’en 2017, les ocĂ©ans Ă©taient plus chauds que sur la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence climatologique (1981-2010), (Figure 1). Cette augmentation est 600 fois supĂ©rieure Ă  l’énergie gĂ©nĂ©rĂ©e par la Chine en 2016 (Cheng et al., 2018). Ce rĂ©chauffement a des consĂ©quences trĂšs graves sur l’augmentation du niveau de la mer, diminution de l’oxygĂ©nation marine, fonte des glaces, acidification des ocĂ©ans ou encore perte des rĂ©cifs coralliens. Plus les ocĂ©ans se rĂ©chauffent plus ils perdent leur capacitĂ© Ă  dissoudre le carbone prĂ©sent dans l’atmosphĂšre, et plus la tempĂ©rature terrestre va augmenter. 

 

Figure 1 : Changement de température dans les couches supérieures océaniques depuis 1958. La ligne conductrice fait référence à 1981-2010. 

Source : Cheng, L., & Zhu, J. (2018). 2017 was the Warmest Year on Record for the Global Ocean, 34 (March), 261–263.

 

Quel impact sur les récifs coralliens ?

 

Le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC), a publiĂ© un rapport « Rapport SpĂ©cial, rĂ©chauffement Ă  1,5°C », afin de rĂ©pondre aux questionnements vis Ă  vis de cet objectif. Ils ont Ă©galement travaillĂ© sur un nouveau rapport « Rapport spécial sur l’océan et la cryosphère dans le contexte du changement climatique » , qui met pour la premiĂšre fois en lumiĂšre les ocĂ©ans, leur importance et l’urgence d’agir pour eux. 

Le rĂ©chauffement climatique dĂ©pend des Ă©missions futures, mais Ă©galement des Ă©missions passĂ©es. A l’heure actuelle, nous avons atteint un rĂ©chauffement de 1°C depuis la rĂ©volution industrielle, ce qui amĂšne Ă  penser que d’ici 2040, nous atteindrons 1,5°C. (Figure 2)

 

Figure 2 : PrĂ©visions du changement de la tempĂ©rature globale basĂ© sur les observations effectuĂ©es jusqu’en 2017. Source : GIEC “Rapport spĂ©cial, rĂ©chauffement Ă  1,5°C”

 

Selon le GIEC, avec cette tendance, les événements météorologiques seront de plus en plus fréquents et de plus en plus grave. 

La fréquence des vagues de chaleur marine a doublé depuis 1982. En atteignant un réchauffement de 2°C (Accord de Paris, 2015), elles seraient encore plus fréquentes, entraßnant un grave dérÚglement au niveau des écosystÚmes coralliens. 

Le rapport du GIEC est sans appel concernant les rĂ©cifs coralliens. En effet, une extinction de 70% Ă  90% est prĂ©vue avec un rĂ©chauffement Ă  1,5°C contre 99% Ă  2°C, due entre autres, Ă  l’acidification des ocĂ©ans et l’augmentation des tempĂ©ratures. Cela affecterait drastiquement la diversitĂ© des espĂšces coralliennes (augmentation des populations algales et des coraux mous), entraĂźnant de graves consĂ©quences sur les services qu’ils fournissent, notamment alimentaires. De nombreuses populations seront forcĂ©es de changer radicalement leur mode de vie.

 

Une note d’espoir


 

Cependant, certains scientifiques envisagent une adaptation thermique des récifs coralliens de 0,4°C par décennie, mais également un rétablissement des zones impactées entre 5 et 15 ans (Baker et al., 2008, Schleussner et al., 2016b). La résilience des récifs coralliens a déjà été évoquée, suite aux événements de blanchissement successifs en 2016 et 2017. 

Les coraux mĂ©sophotiques attirent Ă©galement l’attention des scientifiques grĂące Ă  leur capacitĂ© de se dĂ©velopper dans les eaux profondes, leur permettant ainsi d’éviter le rĂ©chauffement des eaux de surface. Leur aide dans la restauration des rĂ©cifs coralliens de surface reste cependant limitĂ©e (Bongaerts et al., 2017). 

Selon le GIEC, certaines options envisageables pour l’adaptation des rĂ©cifs coralliens Ă  ces changements, impliquent la protection et la restauration des zones endommagĂ©es dont l’humain dĂ©pend (activitĂ©s Ă©conomiques, protection cĂŽtiĂšre).  La protection des rĂ©cifs vis Ă  vis des stress non reliĂ©s au changement climatique tels que la pollution ou la surpĂȘche est primordiale. La prĂ©servation de la biodiversitĂ© prĂ©sente au sein des rĂ©cifs coralliens est trĂšs importante Ă©galement, et permet d’assurer la pĂ©rennitĂ© de ces Ă©cosystĂšmes. La restauration des rĂ©cifs est un domaine en pleine expansion, et de nombreuses questions demeurent aujourd’hui. Mais une chose est sĂ»re : les rĂ©cifs coralliens de demain ne seront pas les mĂȘmes qu’aujourd’hui. 

Plus les changements sont rapides, moins les espĂšces ont le temps de s’adapter, et plus les Ă©cosystĂšmes vont en pĂątir. Il est donc primordial d’essayer de stabiliser le rĂ©chauffement global en diminuant drastiquement les Ă©missions de CO2. Selon le rapport du GIEC, la trajectoire que nous empruntons aujourd’hui conduirait Ă  une augmentation thermique de 3-4°C d’ici 2100.

 

Selon le GIEC, une rĂ©duction drastique et globale des Ă©missions de gaz Ă  effet de serre, ainsi qu’une protection et une restauration des Ă©cosystĂšmes marins nous permettrait une prĂ©servation des ocĂ©ans. Ainsi, toute forme de vie sur Terre sera protĂ©gĂ©e, selon Debra Roberts, co-prĂ©sidente du Groupe de travail II du GIEC.

Le rapport publié par le GIEC, permet un accÚs à toutes les connaissances scientifiques disponibles afin que les gouvernements et les communautés locales puissent agir et limiter les impacts climatiques. La résilience du monde de demain requiert avant tout la sensibilisation des populations en se basant sur les connaissances scientifiques et autochtones des écosystÚmes. 

 

Il devient donc plus qu’urgent d’agir ! Afin de limiter les Ă©missions, les efforts d’adaptation devront se faire Ă  une Ă©chelle mondiale, nationale et locale.

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