Les Récifs Coralliens en France

La France est le seul pays au monde à posséder des récifs coralliens dans les trois océans de la planète.

Les récifs et leurs lagons couvrent 57 557km2, soit en moyenne le double de la surfaces des terres émergées qu’ils entourent.

Les 8 collectivités françaises d’outre-mer abritent ainsi près de 10 % des récifs et 20% des atolls du monde. (source : Andréfouët et al, 2008. Atlas des récifs de France outre-mer, IRD)

Grâce en grande partie à la présence des récifs, la France dispose de la deuxième plus vaste Zone Economique Exclusive du monde avec plus de 11 millions de km2 ; les collectivités de l’outre-mer représentent plus de 90% de l’espace maritime national.

Les collectivités françaises de l’outre-mer entourées de récifs coralliens se distribuent ainsi :

  • L’océan pacifique : Nouvelle-Calédonie, Polynésie Française, Wallis et Futuna, Clipperton ;
  • L’océan indien : La Réunion, Mayotte, les îles Éparses ;
  • L’océan atlantique : la Martinique, la Guadeloupe, Marie-Galante, les Saintes, la Désirade, Saint-Barthélemy et Saint-Martin.

Ces collectivités possèdent une forte diversité géographique : les terres émergées peuvent s’étendre de 2 km² pour Clipperton à 18 000 km² pour la Polynésie. Les types d’îles et de récifs sont également très divers : îles continentales à récifs barrières, îles hautes entourées de récifs frangeants, et atolls.

Coral Reefs in France - Les coraux en France - Coral Guardian

La France détient ainsi une responsabilité mondiale en matière de conservation et de gestion durable des récifs coralliens et de leurs écosystèmes.

La France, un patrimoine corallien unique au monde

La France est le seul pays au monde à posséder des récifs coralliens dans 3 océans.

Ces contextes variés leur confèrent une diversité exceptionnelle. Les territoires français abritent 10 % des récifs coralliens mondiaux (4e rang – 55000 km2), répartis au sein de huit collectivités d’outre-mer dont l’économie locale dépend très largement de cet écosystème : Guadeloupe, Martinique, Mayotte, Réunion, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Wallis et Futuna et les îles éparses de l’océan Indien. 95% des récifs coralliens français sont situés dans l’océan Pacifique (Polynésie française et Nouvelle-Calédonie).

 

Les récifs coralliens de la Nouvelle-Calédonie ont été classés au patrimoine mondial de l’humanité en 1998. Pour la France, il s’agit là d’une reconnaissance mondiale de l’originalité et de l’importance de ses récifs qui représentent 16 000 km2 de l’écosystème corallien protégé sur les 40000 km2 existant en outre-mer français. 

Les récifs coralliens

Internationalement reconnus comme l’un des milieux les plus riches au monde, les récifs coralliens et les écosystèmes qui leur sont associés, herbiers de phanérogames et mangroves, sont de gigantesques réservoirs de biodiversité, des trésors du patrimoine mondial.

 

Dans les mers tropicales, les coraux sont d’inlassables bâtisseurs de récifs, les plus grandes murailles jamais réalisées par des espèces vivantes. Ils offrent aux pays qui les accueillent, et plus généralement à l’ensemble de la planète, des richesses d’une valeur inestimable, tant sur le plan écologique, qu’économique, social et culturel.

L’écosystème corallien : une richesse menacée

Les récifs coralliens se répartissent au plan mondial sur 700 000 km2 dans plus d’une centaine de pays, majoritairement en développement. Leur richesse, en terme de biodiversité, est incontestable et est souvent comparée à celle des forêts équatoriales : un kilomètre carré de récifs contient plus d’espèces que n’en compte le littoral européen tout entier. Ils permettent un développement économique – pêche, aquaculture, perliculture, ornementation, médecine, exploitation minière, construction, tourisme. 

Ils sont une ressource d’une importance capitale sur le plan alimentaire : on estime que près d’un milliard d’êtres humains vit des récifs, directement ou indirectement. Ils offrent une protection naturelle des côtes et ont un rôle d’épuration des bassins. Dans certaines régions du monde, les populations sont intimement liées aux récifs, culturellement et par leurs traditions.

On estime pourtant que les récifs ont perdu 20% de leur superficie à cause de l’activité humaine, notamment dans les zones littorales très urbanisées. Selon le bilan réalisé en 2008 par l’Initiative internationale pour les récifs coralliens (ICRI), 54 % des récifs mondiaux actuels sont menacés.

Parmi eux, 15 % risquent de disparaître dans les 10 à 20 prochaines années (surtout en Asie du sud-est et dans les Caraïbes).

Les principales causes de cette détérioration sont les pratiques de remblaiement, la pêche, la pollution et la pression démographique croissante. Les dégradations naturelles (cyclones, tsunamis, arrivée massive de prédateurs envahissants) et la hausse des températures des océans liée au changement climatique concourent également à la disparition progressive des récifs.

Le blanchissement des coraux a gagné en fréquence, en distribution géographique et en intensité au cours des 40 dernières années et rien ne prouve actuellement que les coraux pourront s’adapter au phénomène. 

Les initiatives internationales et françaises pour les récifs coralliens

Cette situation exceptionnelle confère à la France une responsabilité particulière dans la sauvegarde des récifs coralliens.
Au niveau mondial, la France est l’un des pays fondateurs de l’Initiative internationale pour les récifs coralliens (ICRI). Les gouvernements des États-Unis, d’Australie, de la France, de la Jamaïque, du Japon, des Philippines, de la Suède et du Royaume-Uni, avec des agences
telles que la Banque mondiale et le PNUE, ont reconnu les problèmes croissants des récifs coralliens. Ils ont lancé l’ICRI en 1994 lors de la conférence sur les petits États insulaires en développement. Cet engagement s’est traduit par la création, en France en 1999, de l’Initiative française pour les récifs coralliens (Ifrecor), action nationale engagée sur décision du Premier ministre. L’initiative recouvre toutes actions et mesures prises en faveur des récifs.

Les enjeux sont la protection et la gestion durable des récifs coralliens des collectivités de l’outre-mer. Le plan national d’action pour les récifs coralliens, texte fondateur de l’IFRECOR, adopté en 2000, s’articule autour de 6 axes stratégiques :

  • la planification ;
  • la réduction des effets négatifs des activités humaines et leur développement durable ;
  • le développement de la recherche, de la surveillance et des outils d’aide à la décision ;
  • l’information, la formation et l’éducation ;
  • le développement des moyens d’action réglementaires et financiers ;
  • le développement de la coopération régionale.

La dernière réunion du comité national de l’IFRECOR s’est tenue en 2010 à La Réunion. Elle a notamment permis d’adopter le 3ème plan d’action (2011-2014) de l’Initiative, qui s’est donné pour objectifs de :

  • encourager le développement d’un réseau d’Aires Marines Protégées ;
  • accroître la connaissance scientifique sur les récifs coralliens des collectivités de l’outre-mer français ;
  • évaluer la valeur socio-économique des récifs coralliens des collectivités de l’outre-mer français ;
  • sensibiliser le public aux enjeux de conservation des récifs coralliens et des écosystèmes associés ;
  • contribuer à l’observation de l’effet des changements climatiques.