Le plastique, nouvelle cause de maladies pour les coraux

 In Biodiversité, Biologie Marine

Durable – un terme qui définit particulièrement bien la matière plastique. Originaire de l’Égypte antique, les polymères de plastique (thermoplastiques ou thermodurcissables) ont révolutionné le quotidien de l’homme du XXe siècle, en composant une gamme variée de produits : emballages alimentaires, bouteilles, sacs, filets, produits cosmétiques et électroniques ou encore textiles. Entre 1950 et 2015, 9.1 milliards de tonnes de plastiques ont été produites à travers le monde, dont seulement 10% ont été valorisées par le recyclage. La majorité des déchets plastiques sont ainsi accumulés dans les décharges ou dans la nature et plus particulièrement dans les océans, où 5 à 13 millions de tonnes sont déversées chaque année.

Sous l’effet des courants, les déchets plastiques s’accumulent dans cinq vastes régions océaniques, dont le vortex de déchets situés au sein « gyre sub-tropical du Pacifique Nord », et qui s’étend sur plus de 1,6 million de km², soit trois fois la superficie de la France.  Au cours du temps, l’action conjointe des rayons ultraviolets, du sel et des courants marins désintègre les fragments plastiques en morceaux microscopiques, que l’on nomme microplastiques. Or, la plupart des polymères plastiques sont issus de produits pétroliers, leur conférant des caractéristiques favorisant l’absorption et l’accumulation de substances chimiques tels que les dérivés d’origines industrielles ou agricoles. Par conséquent, les substances aqueuses ne sont pas les seules à se bio-accumuler sur les débris plastiques. Dans une étude parue récemment dans la revue Science, une équipe de chercheurs internationale composée, entre autres, des Drs. Joleah B. Lamb et Drew Harvell de l’Université de Cornell (États-Unis), ont démontré que les déchets plastiques peuvent également favoriser la colonisation de bactéries pathogènes, contribuant à terme au développement de maladies coralliennes et à des épisodes de mortalité de coraux. Sur un total de 124 000 échantillons de coraux récoltés à travers 159 récifs coralliens situés dans les régions de l’Asie du Sud-Est, les chercheurs ont évalué à 89% la probabilité maximale qu’un fragment corallien contracte une maladie lorsqu’il est placé en contact direct avec des débris plastiques. Les chercheurs ont par la suite démontré que les colonies tabulaires et branchues, structurant les récifs coralliens, seraient 8 fois plus susceptibles de contracter une maladie en comparaison à d’autres espèces de coraux dite à morphologie « massive ».

Ces résultats alarmants auront des implications dévastatrices pour les écosystèmes coralliens déjà fortement affectés par le réchauffement climatique et les atteintes locales de l’homme sur les écosystèmes côtiers (pollutions marines, développement urbain, surpêche, extraction de métaux, tourisme, etc.). Ils engendreront des répercussions directes sur les organismes marins se développant au sein des récifs ainsi que sur les communautés côtières dépendant des ressources récifales pour leur survie.

Ces conclusions s’ajoutent aux nombreuses études déjà disponibles démontrant les effets néfastes de l’accumulation des matières plastiques au sein des différentes chaînes alimentaires terrestres et marines. Un problème environnemental, politique et social, l’accumulation du plastique dans notre environnement menace la survie des écosystèmes terrestres et aquatiques, ainsi que le devenir de nombreuses espèces animales, dont la nôtre.

La préservation de la diversité du monde vivant dépend des actions de chacun ! Ensemble, nous pouvons agir pour réduire notre consommation de plastique au moyen de gestes simples applicables au quotidien : https://consommonssainement.com/2016/08/20/40-choses-plastique/

A vous de jouer !

Leïla Ezzat

Recommended Posts
sauver les corauxGrande Barrière de corail